Dégoût
Les sens qui circulent
À l'origine, le dégoût est un garde du corps alimentaire : il protège de l'empoisonnement. La recherche montre qu'il s'est étendu au domaine social et moral : on peut être « dégoûté » par une trahison, une injustice. Le langage courant l'emploie aussi pour la simple déception (« je suis dégoûté »), ce qui brouille le signal.
Le brouillard
Le dégoût moral est puissant mais dangereux quand il vise des personnes plutôt que des comportements : c'est la porte d'entrée de la déshumanisation. Être dégoûté par un acte, d'accord ; par un groupe humain, alerte rouge.
Le coût de la confusion
Un dégoût non interrogé se transforme facilement en rejet global de quelqu'un — et il se transmet : les enfants apprennent les dégoûts sociaux de leur entourage. C'est un des mécanismes silencieux de l'exclusion.
Le bénéfice pratique
Quand le dégoût monte, une question utile : « qu'est-ce qui me menace, exactement ? ». Parfois il protège d'un vrai danger. Parfois il ne fait que répéter un apprentissage qu'on n'a jamais choisi.