Biais de statu quo
Biais de statu quo
📌 Définition simple
Le biais de statu quo, c’est la tendance à préférer que les choses restent comme elles sont — même si ce n’est pas le mieux pour nous. Notre cerveau déteste le changement… même quand ce changement pourrait améliorer notre situation.
🧠 À retenir
Face à une décision, on penche souvent pour « ne rien changer », par confort, peur ou habitude. Ce biais pousse à rester dans une routine familière, à refuser des alternatives pourtant plus logiques ou bénéfiques.
C’est une forme de protection mentale :
- « au moins, je sais ce que j’ai »,
- « je préfère une galère connue qu’un inconnu incertain ».
Mais à force, ce biais peut nous maintenir dans des situations néfastes.
🔍 Exemples concrets
- Rester dans un travail qui ne nous convient plus, juste parce qu’on y est depuis longtemps.
- Refuser un traitement médical plus efficace, par attachement à l’ancien.
- S’opposer à une réforme uniquement parce qu’elle change ce qu’on connaissait.
- Ne pas modifier un fonctionnement de groupe même s’il épuise tout le monde.
- Conserver des habitudes relationnelles toxiques parce que « c’est comme ça depuis toujours ».
📚 Pourquoi ce biais existe ?
Parce que le changement est cognitivement coûteux. Il demande :
- de l’énergie mentale (réévaluer, comparer, décider…),
- du courage émotionnel (accepter le risque, l’incertitude…),
- de la rupture avec des repères familiers.
Le cerveau préfère donc souvent le « connu » au « potentiellement mieux ». Ce n’est pas un manque d’intelligence — c’est un réflexe de survie mentale hérité de notre évolution.
🧬 En quoi c’est important pour la santé mentale ?
Parce que ce biais peut :
- bloquer des transformations bénéfiques,
- faire durer des souffrances inutiles,
- alimenter la peur du changement,
- figer nos dynamiques sociales ou personnelles.
Le reconnaître, c’est ouvrir une porte : celle d’un changement choisi, réfléchi, progressif — et pas forcé.
❌ Ce que ce n’est pas
Ce n’est pas :
- une simple « peur du changement »,
- une flemme,
- un manque de volonté.
C’est un mécanisme inconscient, puissant, documenté, qui peut toucher tout le monde — même les personnes très rationnelles.
✅ Fiabilité des connaissances
Ce biais est bien documenté en psychologie cognitive, en économie comportementale et en neurosciences de la décision. Notamment dans les travaux de Samuelson & Zeckhauser (1988) et dans les recherches de Daniel Kahneman. Il est observé dans les choix politiques, les décisions médicales, le marketing, la gestion du changement organisationnel…
Degré de fiabilité : fort.
📎 Liens utiles
- Biais cognitifs
- Sciences comportementales
- Pensée critique
- Comportements d’évitement
- Résistance au changement
- Métacognition
📁 À retenir en une phrase
« Le biais de statu quo, c’est ce qui nous pousse à rester coincés… même quand on a la clé pour sortir. »